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13.01.2008
L'aveu d'un échec, la réussite même.
Je suis une fille. Mercredi, c'était le début des soldes. Vous suivez ?
Je reformule.
Je suis une fille, mercredi je me suis éclatée pour l'ouverture des soldes.
Pas d'équivoques.
Savez pourquoi je me suis éclatée ?
(Là, certains vont se dire "parce que tu es une fille", mais non.)
Je me suis éclatée, parce que j'ai regardé les filles faire les soldes.
Les filles qui traînent leurs mecs, les mamans qui traînent leurs enfants, les mégères qui traînent leur Bichon adoré.
Je les ait toute vues. Et je me suis éclatée (comme je l'ai déjà dit).
Et moi, je me suis acheté une paire de gants, excessivement soldés et terriblement normaux (noirs, taille unique, en matière probablement 100% synthétique, certainement Made in China). Un euro. Même pas le prix d'un café. J'ai tout de même fait la queue pendant une demie heure pour subir le regard médusé du vendeur (qui voyait peut être en moi une fashionista dépensive abusive - avec tout plein d'autre mots en ive que je ne vais pas énuméré) quand je lui tend une pièce d'un euro d'une main, une paire gants de l'autre. Au moins, pour une fois, on ne m'a pas proposé de carte de fidélité. C'est ce que l'on appelle un avantage.
Caisse d'à côté, vendeuse en transe, tout sourire (pas ultra-bright du tout) pour la mère de famille nombreuse - j'ai compté cinq enfants présents, je ne peux pas me tromper elles (cinq filles, oui, je compati au calvaire de cette dame, je ne supporterais jamais cinq ignobles moi-braillards) ressemblaient tellement à leur maman!. Cette dame et sa progéniture se préparaient à une grève du textile chinois qui, d'après la quantité de fringues achetée, sera terrible. Après une bonne centaine (ou plus) de bips retentissants signalant une augmentation flagrante du chiffre d'affaire du magasin et la future interdiction bancaire de la maman prévoyante, la vendeuse de sa voix stridente et un peu insupportable lance "Vous avez une carte de fidélité ? J'vous en fait une ?".
Le bon client a le droit à sa carte de fidélité. C'est un client fidèle, ou l'honneur suprême du consommateur lambda quand il atteint les cent cinquante euros nécessaires pour obtenir une carte de fidélité gratuite persuadé au plus profond de lui même qu'il est un être exceptionnel et privilégié. C'est beau le marketing. Je vais en faire mon avenir.
Ainsi, je rencontrerai peut être une dame un peu mal foutue, aux cheveux blancs (ultra-bright) et au gilet rose un peu fluo un peu vieillot, qui viendra m'acheter deux cravates ("grâce aux soldes, je pense qu'on en aura deux pour le prix d'une") un peu vieillotes et un peu mal foutues elles aussi.Ainsi, j'aurai peut être le privilège extrême de remettre à une ministre ès soldes une carte de fidélité gratuite. Et peut être même que, grâce à moi, les ministres seront habillés discount pour être un peu plus proches de la réalité de la vie au rabais.
17:25 Publié dans On aura tout vu, tout lu. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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