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01.05.2008
Une histoire de polaroids naissants, ou pas
Est-il normal de se dire que tout semble aller mal ? Tout. Sa vie, son oeuvre.
Les morts s'empilent. Les vivant s'éloignent.
On aimerait suivre.
Les gens pleuvent, les rencontres aussi. Les bonnes (beaucoup) moins que les mauvaises.
Je rencontrais, mercredi, un photographe professionel.
Un de ces hommes, appareil sous le bras (pas le vieil argentique hérité des belles annéees, non, le reflex numérique super chouette et follement dépassé), qui immortalise la banalité de son existence avec un talent tout mesuré. Par "talent tout mesuré", j'entend talent trop mesuré. En fait, il fait des croûtes. Je me prends à espérer qu'il n'a pas étudié la photographie, ou qu'il analyse son travail avec un regard critique propre au "bon" artiste. Je m'y prends, je m'y perds.
Après nous avoir projeté une série de photos, toutes plus écrasante de banalité les unes que les autres, il prends trois minutes pur nous axpliquer les choix, les enjeux, la vision véhiculée par ses oeuvres. Ses quarantes "oeuvres".
On passe laconiquement du taureau dans la prairie, seul, au verre de lait renversé sur une table, avec un détour (obligatoire ?) par le bonhomme de neige qui fond sur le troitoir à force d'être arrosé par le soleil. Dans cette dernière image, il voit "une critique de la société de consommation. Je jette tout. L'abandon et la solitude.Même l'effet de serre." Rien que ça.
Moi, j'y vois un cadrage approximatif, des couleurs extrèmement immondes, un sujet bateau et une interprétation basique et lacunaire. Rien que ça.
Toutes les photos sont en couleurs. Des couleurs moches. Le lumière est telment mal captée qu'on se prend à rêver d'un adepte du flash, pour sauver le tout. On en rêve, oui, mais malheureusement cela n'arrive pas. Puis, après une heure quarante cinq de présentation dégoulinante de fiéreté, on nous annonce que nous sommes volontaires pour participer à un projet photo, "Là, c'est moi". Volontaires inscrits d'office, pour situer. Alors bien sûr, là la peur nous envahit. Va-t-on le revoir ? Va-t-on devoir supporter, des heures durant, ses petites anecdotes de vie, descritions d'une banalité qui est aussi la notre et qu'o ne connaît que trop bien ?
Oui.
Et plus que cela. Réalisons un autoportrait. "Reflet, jeux de mirroir, doublement ou dédoublement ..." Je suis ici. Ici, c'est moi. Là, c'est moi (pour reprendre son cri du coeur).
Et pourquoi ne s'éloigne-t-il pas, lui. Le photographe professionnel ? Oui, pourquoi ?
Parce que les gens qui restent sont toujours les Autres.
Ceux qui devraient laisser leur place.
Devraient. Si seulement.
15:38 Publié dans "Je" est ici ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


