27.04.2008
Tout le monde ment
Tout le monde ment
Traiter le sujet de la ressemblance. Hasardeux, n'est-ce pas ?
On vous a sûrement déjà dit que vous aviez les yeux de papa et le menton de grand-mère Gertrude, non ?
Si vous optez pour la négative, c'est seulement parce que vous ne vous en souvenez pas. C'était l'époque où vous n'étiez qu'un tendre rejeton difforme. Par difforme, j'entends l'apparence qu'ont (quasiment) tous les bébés à la naissance : enduits d'un liquide un peu louche, rouges et fripés - joyeux parents. Ne vous inquiétez pas, je pense moi aussi avoir été comme ça, mes premières heures, si ce n'est jours; et bien que mes parents me répètent (l'exagération est mon fort, oui) à quel point je suis la fille la plus chouette de l'univers et que je souhaiterais de tout cœur les croire, je remet totalement en compte leur objectivité.
Revenons à nos moutons. Mis à part l'apparence physique que les "hors cercle familiale" ont tendance à rapprocher à des inconnus que sont les gens connus, ou stars comme on dit, il y a une autre forme de ressemblance. Plus fictive.
En ce sens, un ami proche me révélait il y a peu que je ressemblais au Docteur House.
Très bien, lui dis-je en changeant de sujet. Le problème résidait alors dans le fait que ce nom m'était presque inconnu ("mais elle ne sors jamais, celle-ci !"). Intriguée, je fais quelques recherches sur Google (un jour, si Dieu me le permet, j'arrêterais cette pub gratuite - Amen).
Si vous savez qui est Gregory House, dit Dr House, sautez ce paragraphe. Sinon, lisez-le c'est relativement précieux pour la suite.
Le docteur Greg House est un médecin spécialiste en maladies infectieuses et redoutable diagnosticien pratiquant à Plainsboro Hospital entouré de trois jeunes médecins relativement doués, supervisé par le Dr Lisa Cuddy et psychanalysé par son seul et meilleur ami le Dr James Wilson accessoirement oncologue.
Plusieurs particularités apparaissent :
- House préfère la maladie au malade, n'allant le voir que pour lui dire qu'il va mourir, sue c'est un râté, un menteur ou un crétin (le tout sans ménagement aucun). Il est odieux, mais sa phrase fétiche "tout le monde ment" ("même moi") reste très souvent illustrée. Il n'hésite pas non plus à balancer des vannes à ses patients, à sa boss ou à ses larbins.
- House est drogué : dépendant à la Vicodin sensé le séparer d'une douleur à la jambe malade la faisant marcher, ou plutôt boiter, à l'aide d'une cane.
- House réussit tout le temps, ou échoue très rarement comme vous voulez. Le tout, le plupart du temps, grâce à des méthodes peu orthodoxes. Le résultat est là, c'est bien le problème pour ses "non défenseurs" qui se retrouvent dépités … dommage.
- House adore les cas épineux et irrésolvables.
J'en passe et en rajoute une dernière, la plus significative dans notre cas :
Le docteur House est un personnage fictif, héros d'une série apparue sur les écrans américains (la Fox, plus exactement) en 2004, le quatrième saison est actuellement diffusée, la cinquième en préparation. House est interprété par l'anglais Hugh Laurie qui a bel et bien trouvé SON rôle, qui lui sied à merveille (je ne suis pas la seule à le penser : la preuve, il a remporté deux Golden Globes consécutifs).
Cette apparence me tourmente un peu. Certes, je suis parfois cynique, je tape (un peu) où ça fait mal même chez les gens "super cool et trop gentils", je chercher le mal partout persuadée que le bien ne fait que le dissimuler … Mais tout de même, me comparer à un personnage de télé. Où va le monde ?
Le temps d'une note, je vais me comporter comme lui, sur un cas épineux et irrésolvable qu'est le pouvoir d'achat. D'abord, je vais dire que les caisses sont vides, les patrons sont de méchants profiteurs et les clients de sombres crétins qui devraient tout boycotter et faire leur potager sur les balcons. Là, je pointe les évidences avec méchanceté (juste un poil). Ensuite, je pourrais encore taper un peu sur le dos des patrons en disant que tout est de leur faute, eux seuls peuvent régler le problème et dire qu'ils sont si gentils et si peux près de leur argent et de leur profits (énormes) qu'ils feront plein de cadeaux aux clients parce que :
1) L'argent ne fait pas le bonheur;
2) Le client est roi.
Là, je lèche les bottes et prépare un plan diabolique, un opération coup de poing. Après, j'envoie un de mes larbin faire les courses pour vérifier la thèse d'un magasine peu scrupuleux qui m'embête un peu en disant que les prix augmentent sans raison valable si ce n'est pour augmenter les profits des patrons et si c'est bien le cas, ma thèse vole en éclats: ils seraient devenus terriblement méchants. Donc, je préviens, sans le dire à personne, les supermarché que je vais faire une visite surprise. J'envoie mon larbin, des photographes et cameramen pour me couvrir, il fait les courses et découvre que les prix ne sont pas si terribles que ça. Sauvé. Les patrons sont gentils, ma théorie est validée, je suis le roi du monde.
Ma popularité baisse, il faut y remédier, je met en place mon plan, me dégotte une Kennedy trop cool qui tue sa mémé, ça ne marche pas pour moi, tant pis. Je me retire quelques instants, dit quelques conneries sur mes futures actions, les retire (les collègues ne sont pas très contents, le vulgaire non plus) puis me retire pour mieux préparer ma rentrée.
La télé. J'ai trouvé. Un questionnaire où je réponds un peu à côté en essayant de mixer mots savants et langage crétin comme je le fait toujours mais cette fois -ci je ne me moque pas des gens, on m'a dit que c'était mal vu. Je reconnais mes erreurs, deux pas en arrière trois pas en avant, que je partage avec les autres.
Et voilà le travail. Quelques jours après mon collège - meilleur ami pour la vie - en fait de même, ou en fait plus, et c'est réglé.
Voilà, je ressemble bien au docteur House, non ?
Ou bien c'est Sar-ko-ZEE qui tente de lui ressembler, lui, le méchant docteur qui résout les problème et a la côte chez les ménagères de moins de cinquante ans.
Diagnostic différentiel ?
14:26 Publié dans On aura tout vu, tout lu. | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dr house, pouvoir d'achat, sarkozy, hugh laurie, house


